Bicentenaire d'Austerlitz

Du jeudi 1er au lundi 5 décembre 2005
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Depuis des années le monde napoléonien était en ébullition et attendait avec impatience la célébration du bicentenaire de la glorieuse bataille d’Austerlitz. En effet, depuis le bicentenaire de Marengo en l’an 2000, aucune victoire de Napoléon à célébrer. C’est donc avec curiosité que l’on attendait de voir comment les Tchèques allaient commémorer la bataille des trois empereurs. A la fin de l’automne 2005, le moment tellement désiré est enfin arrivé.

Le jeudi 1er décembre 2005 deux avions s’envolent de Paris à destination de Prague pour acheminer les 214 participants de la Saint-Cyrienne et de la Société française d’histoire napoléonienne.

En République tchèque, ils sont répartis en cinq cars aux noms des maréchaux Berthier, Bessières, Davout, Lannes et Murat, le car Berthier étant sous la responsabilité de Ronald Zins.

Lors de cette première journée les participants du premier avion visitent Prague, l’une des plus belles villes d’Europe, et se rendent en car à Brno où ils sont rejoints par ceux du deuxième avion, arrivé dans l’après-midi.

Après la prise de possession des chambres dans trois hôtels, tous se retrouvent à l’hôtel Holiday Inn pour un exposé sur la bataille d’Austerlitz.

Le vendredi 2 décembre, commence la découverte des sites napoléoniens. Tout d’abord, et dans quinze centimètres de poudreuse, arrêt à la carrière dans laquelle Napoléon a installé son Q.G. le 1er décembre au soir.

Ensuite arrêt au tertre de Zuran, légère éminence depuis laquelle l’Empereur dirige la bataille jusqu’à la mi-journée. Il fait -10° et la bise est cinglante. Si les yeux pleurent, les cœurs rient du bonheur d’être là deux cents ans après, jour pour jour. L’horizon est diffus car le plafond est bas, mais nous devinons tout de même le plateau de Pratzen et nous apercevons le Santon où les groupes se rendent après un dépôt de gerbe au monument de Zuran.

Comme par magie, les nuages se déchirent et le ciel est bleu comme en Provence avec des rayons lumineux qui se reflètent sur le manteau neigeux. Au sommet du Santon, nous découvrons la partie du champ de bataille où ont évolué Murat et Lannes, à l’aile gauche du front français.

Après le déjeuner au restaurant Bonaparte, à Slavkov (Austerlitz), c’est la découverte, à Kreznovitz, de la maison occupée par Koutousov et où s’est déroulé le conseil de guerre des coalisés avant la bataille.

Ensuite, direction le monument de la Paix, où la Société française d’histoire napoléonienne dépose une gerbe, et visite du musée avec une magnifique exposition sur la bataille du 2 décembre. La nuit tombée, le ministre de la Défense du gouvernement français arrive pour déposer un bouquet de roses au monument de la Paix.Tous les groupes se retrouvent dans l’immense caveau du restaurant U Kralovny Elisky pour dîner au son d’une musique tantôt locale, tantôt très française, interprétée par un trio de musiciens.

Le samedi matin 3 décembre, visite du château d’Austerlitz où Napoléon s’est établi du 3 au 7 décembre et dans lequel il a rédigé sa célèbre proclamation à l’intention des soldats de la Grande Armée. L’après-midi, à Tvarozna, c’est la reconstitution de la bataille. Le soleil a disparu, le ciel est gris et la bise souffle, terrible : il fait -15°. C’est un temps digne des campagnes napoléoniennes de Pologne ou de Russie. Sur le champ de bataille 3 500 reconstitueurs présentent les combats au centre et à l’aile droite française. Le spectacle est imposant bien qu’un peu confus et sans explications. Le froid ne fait rien à l’affaire. La victoire acquise, c’est, pour la plupart, le départ précipité vers les cars. Le soir, les participants se scindent en deux groupes, l’un dînant au restaurant de la veille, l’autre à la Stara Posta, Q.G. de Murat avant la bataille et où Lannes eut une violente altercation avec Soult.

Dimanche 4 décembre, le soleil est de retour et le ciel est bleu. À Schlapanitz, visite du Q.G. de Soult, aujourd’hui transformé en musée, et le long du parc du château de Sokolnitz nous découvrons les positions de quelques batteries d’artillerie française. Des reconstitueurs italiens tirent des salves d’honneur et au départ des cars une immense harde de chevreuils descend les pentes enneigées du Pratzen, en file indienne et en zigzaguant : c’est un spectacle de toute beauté. Un nouvel arrêt a lieu aux étangs de Satschan, aujourd’hui asséchés et cultivés, et où s’est illustré le 3e corps du maréchal Davout. Puis, c’est un nouveau déjeuner au restaurant Bonaparte à Slavkov.

L’après-midi, nous nous arrêtons à la croix de Koutousov qui indique l’emplacement qu’il occupait au cours de la bataille et duquel on aperçoit le Santon et le Stare-Vinohrady. Nous partons pour Brno où un dépôt de gerbe est effectué au monument à la mémoire du général Valhubert, puis, le soir, les groupes se répartissent pour moitié au restaurant Moravska Chalupa et pour moitié à la Stara Posta où des musiciens nous bercent avec la nostalgique musique tchèque.

Lundi 5 décembre, c’est le départ. La majeure partie des participants s’envolent dès le matin tandis que ceux qui sont arrivés sur le deuxième vol à l’aller découvrent à leur tour les merveilles architecturales de Prague avec un déjeuner dans un magnifique restaurant au décor Art Nouveau.

Ce voyage pour le bicentenaire d’Austerlitz a été une exceptionnelle réussite, tant par l’importance du nombre de participants que par la qualité de l’intendance et de l’organisation.

Ronald Zins