Bicentenaire d'Iéna et d'Auerstedt

Du mercredi 11 au lundi 16 octobre 2006
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Après la réussite du bicentenaire d’Austerlitz en République tchèque, la question était de savoir comment allaient agir les Allemands pour les commémorations d’Iéna et d’Auerstedt. Eh bien, ils ont été beaucoup plus loin que la simple commémoration, utilisant l’événement pour mettre en place des circuits touristiques permanents axés sur l’histoire napoléonienne et mettant en exergue l’amitié franco-allemande. Le thème choisi par eux était le « Rendez-vous ».
Après mon voyage à Austerlitz, je suis devenu président du Souvenir napoléonien et c’est en cette qualité, et en qualité de président de l’Académie Napoléon créée l’année précédente, que je me rends en Allemagne, accompagné par 113 personnes.

Le mercredi 11 octobre, nous nous envolons de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle pour Berlin.

Dans la capitale allemande nous nous répartissons dans les cars Murat, Davout et Lannes. En fin de matinée, nous arrivons au restaurant Zur Nolle, restaurant typiquement berlinois dans le style des années 1920.

Après le déjeuner, les trois cars se dirigent vers Wansee où, après une traversée en ferry, nous abordons la Pfaueninsel (l’île aux Paons). Nous y visitons un petit château d’été de la famille royale de Prusse. Il a la particularité d’être entièrement construit en bois et les salles à l’intérieur possèdent de magnifiques marqueteries. Sous un ciel d’azur et un soleil radieux nous nous promenons sur l’île, puis nous prenons la direction de l’ambassade de France, située près de la porte de Brandebourg qui vit Napoléon entrer triomphalement dans Berlin le 27 octobre 1806.

A 17h00, Son Excellence, Claude Martin, nous accueille personnellement dans les grands salons de l’ambassade. Dans son allocution de bienvenue il laisse transparaître tout son intérêt pour l’histoire napoléonienne, ce qui ravit les participants et au premier chef moi-même, président du Souvenir napoléonien, qui, dans mon intervention, ne manque pas de le souligner. Enfin, le président d’honneur du SN, le prince Murat, prononce un dernier discours au cours duquel il rappelle l’impact de la présence française en Allemagne au début du XIXe siècle.

Ensuite, je remets plusieurs cadeaux à monsieur l’ambassadeur et accroche symboliquement au revers de sa veste l’aigle du Souvenir napoléonien, geste vivement applaudi au milieu de la bonne humeur.

A l’issue du cocktail offert par monsieur l’ambassadeur il fait lui-même les honneurs de la visite de la luxueuse ambassade, terre de France sise à cent mètres de la porte de Brandebourg.

Après cette réception qui marque les esprits, nous nous rendons à l’hôtel NH Berlin Mitte pour prendre possession des chambres et pour y dîner.

Le lendemain, jeudi 12 octobre, toujours sous le soleil, nous commençons la journée par la découverte de certains monuments et sites berlinois. Nous nous arrêtons tout d’abord au Gendarmenmarkt (marché des gendarmes), réputé comme étant la plus belle place de Berlin. Elle doit son nom au souvenir des casernes et des écuries installées pour le régiment de cuirassiers Gens d’Armes à l’époque de Frédéric-Guillaume Ier. Au milieu se dresse le Schinkelsche Schauspielhaus (Théâtre Schinkel) construit en 1818 après l’incendie de l’ancien Théâtre national. Au pied des marches du théâtre est érigé le monument à Friedrich Schiller dont la statue de marbre blanc accueille visiteurs et passants. De part et d’autre du théâtre s’élèvent le Deutscher Dom et le Französischer Dom, églises construites toutes deux entre 1701 et 1708. Les imposantes coupoles n’ont été ajoutées que 80 ans plus tard.

Un peu plus loin nos cars stationnent sur Unter den Linden, près de la statue équestre de Frédéric II : nous découvrons le Staatsoper Unter den Linden et l’ancienne bibliothèque royale de style baroque, qui abrite de nos jours des dépendances de l’université Humboldt toute proche. Quelques centaines de mètres plus loin nous nous arrêtons à la Neue Wache (Nouvelle garde), construite par Schinkel pour la garde royale. C’est aujourd’hui un monument dédié à la mémoire des victimes du nazisme et des guerres.

En face de la Neue Wache, dans un petit square, se dressent les statues en bronze des officiers allemands ayant réorganisé l’armée prussienne après Iéna et ayant vaincu Napoléon : Blücher, Yorck, Gneisenau et Scharnhorst.

A 10h00, nous arrivons à Charlottenburg pour visiter le château d’été des souverains prussiens dont la construction, confiée à Nering, a débuté en 1695 par la volonté de l’électeur Frédéric III. Quand celui-ci devint le roi de Prusse Frédéric Ier il fit agrandir la demeure royale. Plus tard, Frédéric II fit construire l’aile orientale. Soigneusement restauré après sa destruction pendant la Seconde guerre mondiale, le château de Charlottenburg est le plus bel exemple d’architecture baroque de Berlin. Après la victoire d’Iéna, Napoléon y séjourna les 26 et 27 octobre 1806.

La visite des appartements et salons de la Neuer Flügel (Nouvelle aile) se poursuit par celle du parc et nous y découvrons le Belvédère, pavillon d’été qui abrite un musée consacré à la KPM (Königlische Porzellan-Manufaktur), et le mausolée de la reine Louise et de son époux Frédéric-Guillaume III.

En début d’après-midi nous déjeunons au restaurant Maximilian’s et poursuivons la découverte de Berlin. Nous visitons notamment le Berliner Dom (cathédrale de Berlin) qui abrite la crypte des Hohenzollern. Nous y remarquons particulièrement le cercueil du prince Louis de Prusse, tué le 10 octobre 1806 à la bataille de Saalfeld remportée par le maréchal Lannes.

Ensuite, nous découvrons un tronçon du mur de Berlin au niveau de l’ancien bâtiment, aujourd’hui détruit, qui abritait la gestapo au numéro 8 Prinz-Albrecht Strasse. Dans les vestiges des caves a été aménagée une exposition à ciel ouvert dénommée Topographie de la terreur : elle raconte les exactions nazies.

En début de soirée, nos cars nous transportent au Reichstag, puis c’est le retour à l’hôtel où je prononce une conférence sur les origines de la campagne de 1806 et sur la bataille de Saalfeld.

Vendredi 13 octobre, le soleil a disparu et c’est sous un ciel gris que nous partons pour Potsdam. Nous passons par le Glienicker Brücke (Pont de Glienicke) qui, pendant la guerre froide, fut le cadre d’échanges d’espions entre les puissances du Pacte de Varsovie et celles de l’OTAN.

A 10h00, nous sommes au château Sanssouci dont les plans ont été dessinés par Frédéric le Grand. Après un moment de recueillement sur la tombe du roi nous visitons le palais rococo puis les jardins.

Le déjeuner est pris au restaurant Mövenpick tout proche puis nous prenons la direction de Weimar où nous arrivons la nuit tombée pour nous installer au Quality Hôtel.

Samedi 14 octobre, le ciel est toujours gris et il fait frais. Nous partons tôt pour Auerstedt, victoire de Davout, où, après un tour du champ de bataille, nous nous arrêtons pour visiter le musée et l’exposition temporaire. Nous faisons ensuite une nouvelle halte à Hassenhausen où nous déposons une gerbe au pied de la stèle rappelant l’intrépidité de la division Gudin. Alors, sous le ciel de Thuringe, nous entonnons La Marseillaise en hommage aux braves de la Grande Armée. Sur le site, nous avons le plaisir de rencontrer plusieurs membres de la famille Davout d’Auerstedt.

En milieu de journée, nous sommes sur le champ de bataille d’Iéna pour assister à la reconstitution de la bataille remportée par Napoléon contre le prince de Hohenlohe, 200 ans auparavant, jour pour jour. Les évolutions de troupes se déroulent entre les villages de Closewitz, Lützeroda et Cospeda. Comme à Austerlitz, à l’issue des combats Napoléon, alias Mark Schneider, caracole sur son cheval blanc et salue la foule.

Le soir, à l’hôtel, nous écoutons une conférence sur la double bataille d’Iéna et Auerstedt, en présence de 27 membres de la famille du maréchal Davout.

Le dimanche 15 octobre, toujours dans la grisaille, nous poursuivons notre découverte du champ de bataille d’Iéna. Nous nous rendons d’abord au Napoleonstein marquant l’endroit d’où l’Empereur a dirigé le début de la bataille : Günther Queisser, responsable du musée de Cospeda, nous donne de nombreuses explications, traduites par Angela Gerbaud, puis nous le suivons pour visiter son musée.

En fin de matinée, nous descendons du plateau pour regagner le centre d’Iéna et nous rendre au salon philatélique organisé pour le bicentenaire de la bataille. Nous y découvrons une passionnante exposition de documents et lettres autographes consacrée à la Révolution française, au Consulat et à l’Empire. Les poches chargées de timbres et enveloppes commémoratives oblitérées à la date du 14 octobre, nous poursuivons vers le restaurant Schwarzer Bär qui fut le quartier général de l’état-major français avant la bataille.

En début d’après-midi nous arrivons à Weimar en pleine fête de l’oignon. Là, nous visitons la ville et le musée Gœthe, puis nous regagnons notre hôtel.

Lundi 16 octobre, tôt le matin, nous partons pour achever la découverte du champ de bataille d’Iéna. Avec le retour du soleil nous découvrons le Sperlingsberg, le château de Kapellendorf, qui fut le quartier général de Hohenlohe, et le village de Vierzehnheiligen, conquis par le 5e corps de Lannes et l’avant-garde de Ney après d’âpres combats.

A l’issue de cette ultime visite, nous déjeunons à Weimar, au restaurant Felsenkeller, puis nous prenons l’avion du retour à l’aéroport d’Erfurt, certains d’entre nous s’envolant depuis Leipzig.

Ronald Zins